Il y a des matières que l’on reconnaît les yeux fermés, qui convoquent aussitôt un matin de printemps dans le Sud. La fleur d’oranger est de celles-là. En parfum, elle est à la fois une madeleine d’enfance et l’une des matières les plus nobles de la palette du parfumeur, au point qu’un même arbre, le bigaradier, offre trois essences différentes. Plongée dans l’âme solaire de nos créations grassoises.
Un arbre, trois parfums : fleur d’oranger, néroli et petitgrain
Le bigaradier, ou oranger amer, est un prodige de générosité. De ses fleurs blanches, on tire deux matières distinctes : l’absolue de fleur d’oranger, obtenue par extraction, dense et miellée, presque charnelle ; et l’essence de néroli, obtenue par distillation des mêmes fleurs, plus fraîche, verte et pétillante. Elle doit son nom à Anne-Marie de La Trémoille, princesse de Nerola, qui en parfumait ses gants au XVIIe siècle.
De ses feuilles et de ses rameaux naît le petitgrain, plus vert et anguleux. Et de l’écorce de ses fruits, l’essence de bigarade. Un seul arbre, toute une garde-robe : rien ne se perd chez l’oranger, ce qui en fait aussi l’une des matières les plus vertueuses de la parfumerie naturelle.
De la cueillette à l’essence : un travail d’orfèvre
La fleur d’oranger se cueille à la main, au printemps, tôt le matin, avant que le soleil n’ouvre complètement les corolles et n’en disperse les composés les plus volatils. Il faut environ une tonne de fleurs pour obtenir un seul kilo d’essence de néroli : c’est dire la valeur de chaque goutte.
Les fleurs sont traitées le jour même de la récolte. À la vapeur d’eau pour le néroli, dont l’eau de distillation donne d’ailleurs la fameuse eau de fleur d’oranger des pâtissiers ; par extraction pour l’absolue, qui conserve la facette la plus opulente et narcotique de la fleur. Deux gestes différents, deux caractères. Entre les mains d’un parfumeur, deux manières de faire entrer le soleil dans un flacon.
La fleur d’oranger, une histoire grassoise
À Grasse, la fleur d’oranger fait partie du paysage autant que du patrimoine. Dès le XVIIIe siècle, les orangeraies de Vallauris, du Bar-sur-Loup et de Golfe-Juan alimentaient les parfumeurs grassois ; la récolte des fleurs était une fête, et l’eau de fleur d’oranger un remède de grand-mère autant qu’un luxe.
Ce savoir-faire de cueillette, d’enfleurage hier et de distillation aujourd’hui appartient aux gestes que l’UNESCO a reconnus au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2018. C’est dans cette tradition que s’inscrit notre atelier : travailler des matières vivantes, avec le temps qu’elles exigent.
La fleur d’oranger dans les créations GEODORA
Deux de nos parfums font de la fleur d’oranger leur héroïne.
Swing Néroli, notre extrait de parfum, capture le pétillement du néroli comme un matin de Méditerranée : la fleur d’oranger y danse avec les agrumes, blanche et lumineuse, portée par la concentration généreuse de l’extrait. Quelques gouttes suffisent pour toute une journée.
→ Découvrir extrait de parfum – Swing Néroli
Symphonie Oranger réunit quant à lui toutes les voix de l’arbre, la fleur, la feuille, le fruit, dans une même partition, fraîche et fleurie comme un verger en début d’été. C’est notre hommage au bigaradier tout entier, cet arbre dont rien ne se perd.
Comment porter un parfum à la fleur d’oranger ?
C’est l’une des matières les plus faciles à vivre : solaire sans être entêtante, élégante sans effort. En journée, elle accompagne les tenues claires et les peaux dorées ; le soir, l’absolue révèle une facette plus enveloppante, presque poudrée. Elle se porte en toute saison, c’est le rayon de soleil que l’on glisse dans un col d’écharpe en plein novembre.
Pour découvrir la fleur d’oranger sur votre peau, la seule qui compte, nos créations vous attendent à la boutique de Grasse, 14 place aux Aires. Et si vous voulez comprendre la matière de l’intérieur, notre atelier de création de parfum vous met les fioles en main, du mardi au vendredi : il n’y a pas de meilleure façon de tomber amoureux du néroli que de le doser soi-même.